Colloque international Rites et identités

L’objet du colloque Rites et Identités est de regrouper des chercheurs de toutes les disciplines qui s’intéressent aux rites en relation avec les questions identitaires. Chacun pourra montrer comment il entrevoit les liens entre la construction des identités – devenue le nouvel impératif catégorique de la postmodernité – et leurs mises en scène (performances) dans divers contextes de l’existence. Délibérément interdisciplinaire, ce colloque est ouvert à toutes les perspectives théoriques et méthodologiques. Il vise à mieux saisir les multiples articulations entre les rites et les identités. Il se veut un lieu d’échange pour présenter des nouvelles connaissances sur les rites dans leurs différentes dimensions, notamment religieuses, théologiques, anthropologiques, sociologiques, politiques, historiques, ethnologiques, éthologiques, pédagogiques, esthétiques et littéraires en lien avec leurs symboliques identitaires.

Organisation et responsables

  • Denis Jeffrey
  • Martine Roberge
  • Ângelo Cardita

Comité scientifique international

  • Julio Cézar Adam, Facultés EST, S. Leopoldo, RG, Brésil
  • Andrea Grillo, Athénée Saint-Anselme, Rome
  • Denise Lamontagne, Université de Moncton
  • Pascal Lardellier, Université de Bourgogne
  • David Le Breton, Université de Strasbourg
  • Claude Rivière, Université Paris- Sorbonne
  • Myriam Watthee, Université de Louvain-La-Neuve
  • Christoph Wulf, Université Libre de Berlin
  • Martine Xiberras, Université de Montpellier

Axe 1 – Théories et approches nouvelles sur les rites et les identités

Le champ des études sur les rites est largement ouvert et plusieurs cadres théoriques et approches méthodologiques s'y rencontrent. Cet axe vise à présenter des nouvelles théories et des nouvelles approches pour analyser et pour comprendre des rites anciens ou nouveaux, traditionnels ou contemporains, en relation avec les identités. Il permet d’approfondir des concepts notamment ceux de performance, de performativité, de théâtralité et de mise en scène qui indiquent que les rites, même les plus festifs, ne sont jamais entièrement improvisés, mais qu’ils répondent à des règles qui ne sont pas sans liens avec les diverses identités sociales et individuelles. Donc, cet axe permet de présenter des travaux et des études théoriques, des considérations épistémologiques et herméneutiques.

Axe 2 – Diversité des rites relatifs aux identités

Les études de terrain sur les rites anciens et contemporains montrent qu’ils touchent toutes les dimensions des conduites humaines. Ainsi, des chercheurs ont développé des outils méthodologiques pour mettre en évidence l’un ou l’autre des aspects d’un rite ou d’une série de rites en lien avec des appartenances identitaires. À cet égard, cet axe vise à présenter des nouvelles connaissances empiriques sur les rites sociaux, les rites de mort, les rites des sociétés anciennes, les rites de passage, les rites religieux, les rites scolaires, les rites liturgiques, les rites du quotidien, les rites de civilité, les rites numériques, etc., dans la mesure où il est question de leurs enjeux identitaires.

Axe 3 – Sacralité et interdits

La dimension sacrale semble indispensable dans la construction des identités, soient-elles religieuses ou séculières. Les rites religieux, en manipulant du sacré, réaffirme des appartenances identitaires. Un catholique et un musulman se distinguent par les rites qu’ils pratiquent et leur rapport au sacré. Plusieurs auteurs ont souligné que le sacré fonde les identités, par un sacrifice ou une transgression originaire. Mais il faut aussi entrevoir une sacralité de renouvellement, de purification ou de réenchantement comme l’avait vu Roger Caillois en s’inspirant des travaux de Durkheim sur l’effervescence sociale. Aussi, plusieurs auteurs décrivent la sacralité au cœur du processus de transformation identitaire, par exemple à l’adolescence ou à d’autres moments singuliers de l’existence (suite à une séparation amoureuse ou au décès d’un être cher). Cet axe permet d’approfondir et de mieux cerner plusieurs aspects des rites en lien avec le sacré et les identités. Comment définir le sacré dans les sociétés supposées sécularisées? Quelle est la place du sacré dans les affirmations identitaires? Est-ce que certains rites contribuent encore aujourd’hui à produire des expériences du sacré lors desquelles les individus peuvent emprunter une nouvelle identité (fête, travestisme, carnaval, halloween, etc.), transcender leur propre identité, ou s’incarner dans une nouvelle identité? Quels sont les liens entre les rites de passage à l’adolescence et la quête sacrale d’une nouvelle identité? Comment distinguer les rites profanes et les rites sacrés? Les rites sacrés sont-ils toujours des rites religieux? En fait, cet axe ouvre la porte à une grande variété de présentations qui croisent sacralité, identités et rites.